Par un vote écrasant, le Danemark exclut les colonies des accords avec Israël

| Noa Landau pour Haaretz |Traduction CG pour l’AURDIP |Actualités

Par un vote écrasant, le Danemark a renforcé les directives gouvernementales s’opposant à l’investissement dans des projets au-delà de la Ligne verte, entérinant ainsi une résolution des Nations Unies qui définit les colonies en Cisjordanie comme une violation du droit international

Haaretz — 26 janvier 2018 Le Parlement danois a voté cette semaine afin d’exclure des accords bilatéraux avec Israël les colonies juives de Cisjordanie. De plus, il a été décidé que les directives gouvernementales s’opposant aux investissements dans des projets au-delà de la Ligne verte, par des organismes tant publics que privés, seraient renforcées.

La résolution a été votée à une majorité de 81 à 22, tous les partis du Parlement danois l’approuvant à l’exception du Parti du Peuple, parti danois d’extrême-droite. Par cette action, le Danemark adopte la Résolution 2334 des Nations-Unies dans laquelle les colonies sont définies comme une violation du droit international, et fait une distinction entre Israël à l’intérieur de la Ligne verte et les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est. Cette position est celle de l’Union européenne dans tous les accords multilatéraux avec Israël.

De plus, la résolution soutient l’idée d’une « liste noire » des compagnies israéliennes opérant dans les Territoires [palestiniens occupés] telle qu’elle a été formulée par le Haut Commissaire pour les droits humains aux Nations Unies.

La décision est venue d’une requête formelle du ministère des Affaires étrangères danois en novembre dernier, lorsque plusieurs fonds de pension danois ont été contraints de retirer leurs investissements en Israël après un tollé public et un rapport de janvier 2017 du centre de recherche indépendant DanWatch, qui s’intéressait aux liens entre les compagnies danoises et les colonies israéliennes.

En conséquence, Sampension — le troisième plus important fond de pension au Danemark, avec des actifs de 43.5 milliards de dollars US — a annoncé son désinvestissement des compagnies israéliennes opérant dans les Territoires.

Selon les rapports de l’époque, les compagnies israéliennes affectées par le désinvestissement incluaient deux banques israéliennes majeures, la banque Hapoalim et la banque Leumi, et le géant israélien des télécommunications, Bezeq.

Sampension avait déjà interdit des investissements dans des douzaines d’autres compagnies israéliennes, en particulier de nombreuses dans l’industrie militaire, comme Elbit.

Selon le ministère des Affaires étrangères, Israël et le Danemark ont actuellement 13 accords bilatéraux directs dans les domaines de l’aviation, de la culture, de l’éducation, du droit, de l’industrie, des impôts et des visas.

La dernière résolution affectera les accords futurs entre les deux pays, que ce soit avec des institutions ou des individus privés, par rapport à l’implantation dans les Territoires. Les accords déjà existants pourraient être concernés selon des mises à jour en attente.

Le mois dernier, le ministre danois des Affaires étrangères Anders Samuelsen avait annoncé que son pays durcirait les conditions de son soutien aux ONG palestiniennes, réduirait le nombre des ONG soutenues et resserrerait leur supervision.

Cette déclaration faisait suite à la pression israélienne pour supprimer les subventions danoises aux organisations et associations palestiniennes prétendument impliquées dans des incitations à la violence, comme celles impliquées dans le mouvement de Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS). En mai, le Premier ministre [israélien] Benjamin Netanyahu avait transmis au ministre des Affaires étrangères [danois] une liste d’organisations palestiniennes et israéliennes recevant des subventions danoises et qui, selon Israël, étaient impliquées dans les actions de BDS.

Quelques mois après la réception de cette liste, Samuelson avait annoncé que son ministère avait décidé de geler le solde de sa subvention pour 2017 et de formuler des critères plus rigoureux à l’avenir. Il soulignait cependant que le Danemark continuerait à soutenir des organisations focalisées sur les droits humains en Palestine, selon lui « une haute priorité ». Il soulignait aussi que le Danemark soutenait la solution à deux états et le rôle des organisations civiles israéliennes et palestiniennes à la promouvoir.

Le ministre [israélien] de la Sécurité publique Gilad Erdan avait à l’époque appelé cette déclaration un pas dans la bonne direction et l’avait décrite comme louable et nécessaire. « Les pays européens subventionnent des organisations palestiniennes qui ont des liens avec le terrorisme, qui promeuvent un boycott contre Israël. J’appelle d’autres pays européens à suivre le même chemin [que le Danemark] », ajoutait alors Erdan.

Mais les réjouissances étaient peut-être prématurées. Dans les derniers mois, la déclaration de Samuelsen selon laquelle il avait l’intention d’étudier la réduction des subventions a rencontré une farouche opposition à l’intérieur du pays. Le Parlement et la presse au Danemark s’y opposent et un débat doit avoir lieu sur ce sujet d’ici la fin du mois.

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