Omar Kiswani, le leader étudiant palestinien emprisonné, en grève de la faim pour la liberté

Omar Kiswani, le leader étudiant palestinien emprisonné, est en grève de la faim dans une prison israélienne pour protester contre sa détention sans charges et ses interrogatoires. Kiswani est président du Conseil étudiant à l’université de Bir Zeit et a été arrêté le 7 mars lorsque les forces d’occupation israéliennes ont envahi le campus de l’université, sous couverture, en prétendant être des journalistes. Ils portaient des armes dans des sacs à dos, et sont entrés sur le campus pendant les heures de cours, puis ont agressé Kiswani devant le bâtiment du Conseil étudiant au centre du campus universitaire.

Pendant ce temps, une unité de l’armée d’occupation retenait tous les gardiens de l’université dans le poste de garde ; lors de leur violente attaque, l’unité de kidnapping a utilisé ses armes pour menacer les étudiants, tout en traînant Kiswani hors du campus.

L’attaque sur l’université a été condamnée par une série d’institutions ; il s’agit d’une des incursions nombreuses et répétées dans les campus universitaires palestiniens, particulièrement destinées à attaquer les conseils étudiants et les groupes et organisations d’étudiants élus. Les étudiants militants ont été à maintes reprises les cibles d’arrestations et d’emprisonnements, et, pour la seule université de Bir Zeit, on estime à plus de 60 le nombre d’étudiants palestiniens retenus dans des prisons israéliennes. Il y a approximativement 340 étudiants palestiniens emprisonnés par les forces d’occupation israéliennes.

« Cet acte est une violation de la nature civile des universités et des institutions éducatives, d’autant plus que ce n’est pas la première fois qu’une unité armée israélienne fait une descente sur le campus de l’université de Bir Zeit, comme cela a eu lieu à de nombreuses occasions, et confisque tout un matériel de communication appartenant aux partis politiques étudiants, de l’équipement et des ordinateurs », a déclaré Sarah Pritchett de l’Euro-Mediterranean Human Rights Monitor. Le syndicat des journalistes palestiniens a dénoncé le fait de se faire passer pour des journalistes afin de réaliser une agression violente sur le leader politique étudiant.

Des dizaines de responsables de syndicats étudiants des universités britanniques ont signé une déclaration dénonçant le raid, le qualifiant de « plus récent exemple de l’attaque prolongée et systématique d’Israël contre le droit palestinien à l’éducation ». « Nous, Amis de l’université de Birzeit et responsables de syndicats étudiants du Royaume-Uni, nous pensons avoir le devoir de nous dresser contre l’injustice et l’oppression. Nous exprimons notre solidarité avec les étudiants palestiniens dont les droits à l’éducation sont niés et nous soutenons leur revendication à vivre et à étudier dans un environnement libéré des pratiques violentes de l’occupation israélienne », poursuit la déclaration.

Depuis qu’il a été arraché au campus le 7 mars, Kiswani est retenu pour interrogation à Moskobiya, le centre de détention bien connu de Jérusalem. La Société des prisonniers palestiniens a déclaré que Kiswani subissait des interrogatoires 18 heures par jour et qu’il lui avait été interdit de voir son avocat depuis son arrestation ; sa détention a été étendue d’une semaine supplémentaire le jeudi 22 mars.

Les étudiants de l’université de Sheffield Hallam au Royaume-Uni ont manifesté le 20 mars pour demander la libération de Kiswani et d’autres étudiants prisonniers, exprimant leur solidarité avec les étudiants palestiniens sous occupation. Les étudiants manifestants ont ensuite assisté à un concert du rappeur Lowkey, portant des drapeaux palestiniens et des pancartes appelant à la libération de tous les prisonniers palestiniens.

Kiswani a annoncé qu’il avait commencé une grève de la faim le 19 mars pour protester contre ses interrogatoires et son emprisonnement et pour réclamer sa libération immédiate. Il n’est pas le seul prisonnier palestinien à faire une grève de la faim : Musaab al-Hindi a fait une grève de la faim pendant 15 jours pour protester contre le renouvellement de sa détention administrative, un emprisonnement sans charge ni procès ; Bashir al-Khatib, originaire des territoires palestiniens occupés depuis 1948 et emprisonné depuis 1988, a fait une grève de la faim de 14 jours pour réclamer des soins médicaux ; Adel Shehadeh, retenu au centre de détention de Jalameh, a fait une grève de la faim de 12 jours contre sa torture pendant les interrogatoires ; et Saleh Abu Sawawin de Khan Younis a fait une grève de la faim de 3 jours contre sa mise à l’isolement à la prison de Ramon.

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