Le Conseil d’une association étudiante de l’université George Washington approuve une résolution pro-palestinienne controversée de désinvestissement

Le Conseil d’une association étudiante de l’université George Washington a voté lundi une résolution appelant l’université à se désinvestir de neuf sociétés censées contribuer aux violations des droits fondamentaux des Palestiniens – texte législatif que le conseil universitaire a rejeté l’année dernière.

Le conseil a approuvé la résolution par 18 voix contre six, et six abstentions, par un vote à bulletin secret après une consultation publique pleine d’émotion de plus de trois heures. Les étudiants des deux avis opposés sur la question ont fait salle comble pour la réunion au théâtre Betts – bien qu’une réunion de direction les ait empêchés d’assister au débat sur les mérites de ce texte législatif.

La résolution exigeait que l’université retire ses avoirs de neuf sociétés qui vendent des armes et autres services au gouvernement israélien et qui sont censées contribuer à l’oppression des Palestiniens. Les responsables ont sans cesse refusé de livrer des informations sur les investissements dans la dotation de l’université de 1.7 milliards de dollars, base du financement des principaux projets des universités.

Au printemps dernier, une résolution similaire a échoué d’une petite voix au Conseil.

Le membre du Conseil Eden Vitoff, CCAS-U [Columbian College of Arts and Sciences] et promoteur de la résolution, a dit que l’université se sert d’un groupe de tierces personnes pour prendre les décisions d’investissement, ce qui donne une « apparence de neutralité », mais les responsables continuent de ne pas être transparents au sujet des avoirs de l’université et pourraient être investis dans des sociétés dont les supporters déclarent qu’elles contribuent à l’oppression des Palestiniens.

« Nous ne pouvons simplement pas fermer les yeux face à des violations des droits de l’Homme pour privilégier l’obsession du profit de notre université », a dit Vitoff.

La réunion pour débattre de la résolution a été repoussée la semaine dernière dans le cadre d’inquiétudes sécuritaires renforcées. Les responsables de l’association étudiante ont reçu des courriels comparant les membres du Conseil à des Nazis, et les étudiants ont trouvé des autocollants et des pancartes menaçantes sur le campus les jours qui précédaient le vote initialement prévu pour lundi dernier.

Les responsables étudiants ont annulé le vote après que des défauts de communication entre administrateurs et le Service de Police de l’Université George Washington (GWPD) ait amené la direction du Conseil à croire que la sécurité ne serait pas augmentée à l’occasion de cet événement.

Après l’annulation de la réunion originale, les associations d’étudiants pro-palestiniens ont rédigé une liste de réclamations qui demandait une présence accrue des policiers (GWPD) et un vote à bulletin secret pour la réunion de lundi.

Au cours des plus ou moins trois heures de consultation publique, plus de 80 étudiants des deux camps ont émis des remarques passionnées sur l’impact qu’aurait la résolution sur leur vie.

Les défenseurs de la résolution ont exprimé leur soutien au désinvestissement et ont lu des lettres au nom d’étudiants palestiniens anonymes qui disaient que le vote de ce texte législatif leur permettrait de se sentir mieux accueillis sur un campus qui les exclut souvent en tant que population minoritaire.

Cadre supérieur et ancienne membre du Conseil qui avait soutenu la résolution de l’an dernier, Keiko Tsuboi a dit que le texte de cette année n’était pas défendu par deux conseillers « terrifiés », comme ce fut le cas au printemps dernier, ce qui mettait le Conseil dans une bien meilleure position pour qu’il soit voté.

« Nous pouvons faire que les gens soient plus ouverts et moins effrayés face à ce qu’ils ne comprennent pas », a-t-elle dit pendant la consultation publique. « Si cela peut arriver ici, ce peut arriver n’importe où. »

Au milieu de la consultation publique, le Conseil s’est absenté momentanément pour tenir l’audition critique du conseiller Brady Forrest, auditeur libre de troisième cycle (G-at-Large), qui a fait face le mois dernier à des accusations d’antisémitisme et a été retiré, dans le cadre de cette polémique, de son rôle à la direction du Conseil. Les conseillers ne sont pas arrivés à atteindre la majorité requise des deux tiers pour censurer Forrest – décision que les associations des étudiants juifs ont condamnée.

Les étudiants qui s’opposaient à la résolution ont dit que ce texte confond les idéologies politique et religieuse, créant une législation partiale qui ne parvient pas à expliquer les complexités du conflit israélo-palestinien.

Hannah Finkel, présidente du Chabad de l’Université George Washington, a dit que la résolution manquait d’informations factuelles et que l’association étudiante peut mieux faire en essayant de nous représenter « moi et ma communauté ». Des dizaines d’étudiants opposés à la résolution sont sortis du théâtre Betts à la suite de ses commentaires et se sont dirigés vers la maison Hillel.

« Il n’y a aucune raison pour que nous ayons à sacrifier la protection de certains étudiants afin d’obtenir la protection de certains autres », a-t-elle dit. « Cette résolution peut faire les deux et ne vous déconsidérez pas en votant pour cette merde. »

A la suite de la consultation publique, le Conseil étudiant a voté pour un débat de la résolution en session exécutive - forum privé interdit au public – avant de passer au vote du texte législatif à bulletin secret. La résolution a été amendée pour y inclure une ligne reconnaissant Israël en tant qu’Etat.

« Vous avez tous accompli un bon premier pas en défendant les étudiants palestiniens sur ce campus », a dit après le vote le conseiller Josh Gomez, CCAS-U et promoteur de la résolution. « Je vous remercie tous pour l’avoir fait ce soir. »

Jared Gans et Lizzie Mintz ont contribué à ce reportage.

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