Appel européen pour la défense du droit à l’éducation en Palestine : l’Union européenne doit agir maintenant pour arrêter les agressions israéliennes

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L’AURDIP et BRICUP ont écrit le 22 octobre 2015 au Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, et au Commissaire européen à la recherche, à la science et à l’innovation pour les alerter sur la situation dramatique des étudiants palestiniens confrontés à la nouvelle agression israélienne qui cible particulièrement la jeunesse palestinienne et son système éducatif. La lettre demande instamment la suspension de l’accord d’association UE-Israël.

Appel clôturé le 16 novembre 2015.

Liste des signataires


Federica Mogherini, Haut-Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité

Carlos Moedas, Commissaire européen à la recherche, à l’innovation et à la science

Madame, Monsieur,

Pour la deuxième fois cette année, nous devons attirer votre attention sur le comportement illégal des forces d’occupation israéliennes envers les étudiants, les enseignants et les professeurs palestiniens. Notre lettre du 22 février documentait plusieurs occurrences de détention administrative, de celle d’un astrophysicien internationalement connu au cas d’un garçon de 14 ans [1]. Nous avons de fait montré qu’une campagne de harcèlement est dirigée spécifiquement vers les mineurs. Nous vous avons demandé de reconnaître qu’Israël rompait clairement ses obligations selon l’article 2 de l’accord de coopération [2] et de transmettre cette conclusion à la Commission européenne. Une conséquence évidente des violations répétées d’Israël est, assez clairement, que l’accord d’association entre Israël et l’Union européenne doit être suspendu, sinon annulé.

Avec tristesse et inquiétude, nous devons vous signaler que la situation s’est sérieusement aggravée depuis notre lettre précédente et qu’elle dégénérera davantage encore sans une action rapide. Nos collègues des universités palestiniennes signalent des cas extraordinaires de violence contre les étudiants. Quelques exemples suffiront à représenter la situation.

Le 22 septembre, à un checkpoint d’Hébron, un soldat israélien a abattu Hadeel al-Hashlamon, une étudiante de 18 ans de l’université d’Hébron, et l’a laissée saigner à mort. Des sources israéliennes affirment qu’elle tentait de poignarder le soldat, mais les photographies le démentent. Amnesty International a appelé ce tir « un cas d’exécution extrajudiciaire » [3].

Le 7 octobre, deux étudiants de l’université Beir Zeit, Abdul Rahman Abu Dahab et Ahmed Walid Hamid ont été brutalement frappés pour avoir manifesté et on a délibérément tiré à bout portant dans la jambe du second alors qu’il était attaché [4]. Où ils se trouvent actuellement est inconnu.

Le 7 octobre, Shurouq Dwayyat, une étudiante de 18 ans de l’université de Bethléem, a été attaquée dans la vieille ville par un colon, qui a essayé d’arracher son voile. Lorsqu’elle l’a repoussé en légitime défense, il a tiré sur elle. Elle est restée plus d’une semaine en soin intensif [5].

Le 13 octobre, les forces israéliennes ont pris d’assaut le campus de l’université Al-Quds à Jérusalem-Est, arrêtant huit étudiants et causant des dommages importants [6].

Le 13 octobre, l’université technique de Tulkarem a été obligée de fermer jusqu’à nouvel ordre après un assaut des forces israéliennes [7].

Il y a bien sûr beaucoup d’autres exemples choquants de la brutalité israélienne au cours de la flambée actuelle de violences, en particulier envers les personnes appartenant au groupe d’âge des étudiants [8]. Les forces d’occupation israéliennes ont de longs antécédents en ce qui concerne le ciblage spécifique des écoles et des universités. Pendant la première Intifada, de 1988 à 1992, par exemple, tout le système d’éducation palestinien, du haut jusqu’en bas, a été fermé sur ordre militaire [9]. Malgré des efforts continuels pour entraver le secteur universitaire palestinien (très récemment documentés par une délégation universitaire européenne [10]), ces universités ont démontré une remarquable résistance. De fait, la Palestine est maintenant largement perçue comme ayant un des meilleurs systèmes éducatifs du Moyen-Orient. Nous craignons que ce succès ne soit désormais compromis, le système universitaire risquant des fermetures complètes et de longue durée comme dans le passé.

Le droit à l’éducation est inconditionnel [11]. L’occupation militaire de la Cisjordanie est illégale, comme le reconnaissent à la fois l’Union européenne et les Nations Unies. Nous vous demandons une fois encore d’informer la Commission européenne qu’Israël viole les dispositions de la Quatrième Convention de Genève et ne respecte pas ses obligations selon l’article 2 du traité de coopération avec l’Union européenne. En conséquence ce dernier doit être suspendu.

Avec nos sentiments respectueux,

Ivar Ekeland, Président de l’Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP)

Jonathan Rosenhead, Chair, British Committee for the Universities of Palestine (BRICUP)

Appel clôturé le 16 novembre 2015.

Liste des signataires

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