Lettre ouverte sur Gaza et BDS de la part du Middle East Caucus of the Society for Cinema and Media Studies

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Comme universitaires, artistes et organisateurs communautaires, et comme membres du Middle East Caucus (Caucus du Moyen-Orient, MEC) de la Society for Cinema and Media Studies (Société des études sur le cinéma et les médias), nous sommes profondément perturbés par la violence aveugle et disproportionnée qui a été menée les semaines passées par les forces de défense israéliennes (IDF) contre la population civile de Gaza. Cette population vit depuis sept ans sous un siège militaire et économique étanche, instauré par Israël et financé par les États-Unis et ses alliés, dans ce qui a été décrit comme la plus grande "prison à ciel ouvert" du monde. Elle est actuellement soumise à un intense bombardement militaire de l’armée israélienne, faisant de Gaza une fois encore un désastre humanitaire. Le siège affecte chacun à Gaza, y inclus les étudiants et les éducateurs, les familles et les enfants, les médecins et les infirmiers, les fermiers et les travailleurs de la société civile, tous dans l’incapacité de trouver un refuge. Sur tous les plans et dans les termes les plus modérés, la violence a pris un tournant sans précédent et sauvage, et atteint les dimensions d’un génocide. Des enfants qui seraient autrement à l’école jouent un jour sur la plage, au mépris des peurs de leurs parents et des bombardements israéliens, et en un instant sont ciblés intentionnellement et à la vue de tous par les navires israéliens, leurs morts capturées par différents médias. Alors qu’ils s’enfuient après la première attaque, ils sont tués par la deuxième, sous le regard incrédule de journalistes. Des familles entières meurent ensemble maintenant, des quartiers sont effacés de la carte. Au jour de ce texte, environ 1943 Palestiniens ont été tués et près de 10000 blessés à Gaza dans cette dernière agression israélienne, la troisième en six ans, sans mentionner les blessures à vie qui défient toute quantification. Une estimation prudente suggère que 80% environ des morts sont des civils ; parmi eux, plus de 460 sont des enfants. Israël a une fois encore déclaré la guerre aux civils palestiniens, aux étudiants et aux institutions universitaires, sans mentionner son occupation illégale et le fait qu’ils sont assiégés.

Israël doit rendre des comptes au regard du droit international et des principes humanitaires qui interdisent la punition collective et exigent la protection des civils pendant la guerre. Les organisations internationales des droits de l’homme ont documenté les violations par les IDF des normes fondamentales du droit international, qui constituent des crimes de guerre israéliens à Gaza. Le groupe israélien pour les droits de l’homme B’Tselem a déclaré dès la première semaine de l’assaut : “Les horribles développements à Gaza ont atteint des sommets intolérables : Israël bombarde des maisons avec leurs habitants à l’intérieur, des familles entières ont été ensevelies sous les décombres, et les rues sont en ruines. Des centaines ont déjà été tués, des douzaines dans les dernières vingt-quatre heures, beaucoup d’entre eux étant des femmes et des enfants. Le nombre de réfugiés croît : des dizaines de milliers de personnes n’ont nulle part où aller et aucun refuge sûr".

Pour nous souvenir des victimes des génocides et des atrocités passés, nous devons aussi condamner ceux qui se passent en ce moment. Nous ne pouvons pas condamner un génocide et en tolérer un autre. Il ne peut y avoir aucune justification à accepter ou nier un meurtre aveugle que nous trouverions horrible pour d’autres.

Au vu de cette situation et dans un effort pour ajouter nos voix à d’innombrables autres, dans le monde entier, qui s’expriment pour condamner les atrocités israéliennes et y résister, le MEC de SCMS approuve l’Appel international pour le Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) contre Israël, appel qui a pris naissance dans la société civile palestinienne en 2005. Cet appel non-violent est modelé sur l’appel BDS contre le gouvernement de l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1970. Le MEC reconnaît ainsi, en les approuvant, les récents efforts de l’American Studies Association, la Native American and Indigenous Studies Association, l’Association for Humanist Sociology, l’Association of Asian American Studies, la Critical Ethnic Studies Association, et l’African Literature Association, qui ont adopté des résolutions soutenant le droit des étudiants et des universitaires à se mobiliser autour de BDS et approuvant le boycott des institutions universitaires israéliennes.

Le soutien de MEC pour BDS n’est d’aucune façon la conséquence d’une loi, d’une directive, d’un programme ou d’un mandat issu d’un gouvernement national, y inclus le gouvernement provisoire de Palestine. Le MEC reconnaît et soutient l’appel pour le BDS jusqu’à ce que, comme indiqué dans l’appel :

“Israël respecte son obligation de reconnaître au peuple palestinien son droit inaliénable à l’autodétermination et se soumet pleinement aux règles du droit international en :

- Mettant fin à son occupation et à la colonisation de toutes les terres arabes, et démantelant le Mur ;

- Reconnaissant les droits fondamentaux des citoyens arabo-palestiniens d’Israël à l’égalité complète, et ;

- Respectant, protégeant et encourageant les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et leurs propriétés comme stipulé dans la résolution de l’ONU 194".

Approuvé par les organisations  :

SCMS Asian/Pacific American Caucus

U.S. Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel

Center for Constitutional Rights

Faculty 4 Palestine (Canada)

Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP)

Cliquer ici pour voir le liste des signataires individuels – membres de SCMS

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